LEXIQUE DES NOMS INDIENS DU CANADA (noms géographiques)
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LEXIQUE DES NOMS INDIENS DU CANADA (noms géographiques)

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LEXIQUE DES NOMS INDIENS DU CANADA (noms géographiques)

Par Bernard Assiniwi

Le relevé des principaux termes toponymiques d'origine amérindienne utilisés au Canada.

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La carte géographique du Canada s'agrémente de noms de lieux fort colorés. Ces noms reflètent la diversité de l'histoire et le patrimoine de la nation. Bon nombre des plus anciens lieux du pays portent un nom d'origine autochtone. Avant l'arrivée des Européens, les Premières nations et les Inuits avaient donné des noms, partout au pays, aux endroits qu'ils connaissaient bien et avec lesquels ils entretenaient de forts liens spirituels. Depuis des siècles, ces appellations, qui décrivent les caractéristiques naturelles de l'endroit ou qui rappellent des faits historiques importants, se sont transmises de génération en génération.

 

Encore aujourd'hui, on utilise plusieurs de ces noms, mais leur prononciation dans les langues européennes leur a parfois fait perdre leur sonorité musicale originale. Il reste que l'origine des noms de lieux autochtones remonte aux tout premiers temps de l'histoire de notre pays.

 

Des exemples d'appellations géographiques autochtones

 

Le nom du Canada lui-même et celui de certains territoires et provinces ont des origines autochtones.

 

  • Canada : ce nom vient de Kanata, qui signifie « peuplement » ou « village » en langue huronne.
  • Saskatchewan : la province tire son nom de la rivière Saskatchewan, que les Cris appelaient Kisiskatchewani Sipi, ce qui signifie « rivière au débit rapide ».
  • Manitoba : l'origine sémantique la plus probable vient de l'expression crie maniot-wapow ou « le détroit de l'esprit ou manitobau ». Ce nom évoque le grondement produit par les cailloux sur une plage de l'île Manitoba située sur le lac du même nom. Les Cris de cet endroit trouvaient que le bruit ressemblait à celui d'un manitou ou d'un esprit frappant sur un tambour. Certains prétendent aussi que le nom viendrait des mots assiniboines mini et tobow, qui signifient « lac des Prairies ».
  • Ontario : ce nom huron, d'abord donné au lac, pourrait être une variation de onitariio, qui veut dire « lac magnifique », ou dekanadario, qui se traduit par eaux « scintillantes » ou « splendides ».
  • Québec : à l'origine, les peuples autochtones appelaient kebek la région qui entourait la ville de Québec. C'est un terme algonquin qui décrit un « passage étroit » ou un « détroit », soit le rétrécissement du fleuve au cap Diamant.
  • Yukon : ce nom appartenait d'abord au fleuve et vient d'un mot loucheux, LoYu-kun-ah, qui se traduit par « grand fleuve ».
  • Nunavut : le nom donné au plus nouveau territoire du Canada. Ce territoire a été officiellement créé le 1er avril 1999. Nunavut signifie « notre terre » en inuktitut.

 

De nombreuses villes, rivières et montagnes portent des noms d'origine autochtone. Voici une brève liste de quelques grandes villes du Canada dont le nom nous vient des peuples autochtones.

 

  • Chilliwack (Colombie-Britannique) : c'est le nom de la tribu locale, ch.ihl-KWAY-uhk. On donne généralement à ce mot le sens de « remonter ». Il rappelle le peuple qui retournait chez lui après avoir visité l'embouchure du fleuve Fraser.
  • Coquitlam (Colombie-Britannique) : l'appellation dérive d'un nom tribal des Salish Kawayquitlam, qu'on peut traduire par « petit saumon rouge ». Elle désigne le saumon sockeye qu'on trouve communément dans la région.
  • Kamloops (Colombie-Britannique) : son nom vient probablement du mot shushwap kahm-o-loops, qu'on traduit habituellement par « là où se rencontrent les eaux ». Il décrit la jonction des rivières Thompson Nord et Sud à Kamloops.
  • Penticton (Colombie-Britannique) : le nom vient d'un mot okanagan qui signifie « le lieu de toujours », dans le sens d'un endroit de résidence permanente.
  • Fort Chipewyan (Alberta) : la ville est appelée ainsi, du nom du peuple chipewyan qui signifie « peaux à pointes », soit une référence à la façon dont les Chipewyans apprêtaient les peaux de castor.
  • Medicine Hat (Alberta) : c'est la traduction du mot saamis chez les Blackfoots, dont la signification est la « coiffe de plumes d'un guérisseur ». D'après ce qu'on dit, le nom rappelle un combat entre les Cris et les Blackfoots au cours duquel un guérisseur cri aurait perdu sa coiffe de plumes dans la rivière.
  • Wetaskiwin (Alberta) : c'est une adaptation de l'expression crie wi-ta-ski-oo cha-ka-tin-ow, qui peut se traduire par « endroit de paix » ou « colline de la paix ».
  • Qu'appelle (Saskatchewan) : le nom de la ville vient de celui de la rivière qui se dit kab-tep-was en cri, c'est-à-dire « la rivière qui appelle ». La légende associée au nom raconte l'histoire d'un Cri qui se rendait en canot à son mariage. Celui-ci entendit prononcer son nom. Il reconnut la voix de sa promise qui se trouvait pourtant à encore plusieurs jours de voyage. Il répondit : « Qui appelle? » Un esprit l'imita : « Qui appelle? » Il se rendit en toute hâte chez lui pour y apprendre que sa fiancée était morte en chuchotant son nom à son dernier soupir. Les colons français en Saskatchewan ont perpétué la légende en nommant la rivière Qu'appelle, pour « qui appelle? »
  • Saskatoon (Saskatchewan) : ce toponyme vient d'une baie rouge comestible, indigène à la région, que les Cris désignent parmis-sask-guah-too-min.
  • Grand Rapids (Manitoba) : c'est une traduction du mot cri misepawistik ou « rapides agités ».
  • The Pas (Manitoba) : le nom tire son origine de opa en cri, signifiant « un lieu étroit » ou de opaskweow, soit « un lieu étroit encaissé entre de hautes falaises ».
  • Winnipeg (Manitoba) : le nom, qui vient de win-nipi en cri, veut dire au sens large « eau sale » ou « eau glauque », pour décrire le lac et la rivière.
  • Etobicoke (Ontario) : l'appellation vient du mot ojibway wah-do-be-kaung, qui veut dire « l'endroit où poussent les aulnes ».
  • Kapuskasing (Ontario) : c'est un mot cri dont le sens est « là où la rivière fait un détour ».
  • Mississauga (Ontario) : le nom de cette ville vient de celui du peuple des Mississaugas qui vit dans la région et qui décrit l'embouchure d'une rivière. Michi ou missi signifie « plusieurs » et saki « sortie », soit « une rivière dotée de plusieurs décharges ».
  • Oshawa (Ontario) : c'est un mot seneca qui veut dire « croisée d'un cours d'eau » ou « lieu de portage », qui décrit un endroit de la région où on faisait autrefois du portage.
  • Ottawa (Ontario) : le mot vient du terme algonquin adawe, c'est-à-dire « commercer ». C'est le nom qu'on donnait au peuple qui contrôlait le commerce sur la rivière.
  • Chibougamau (Québec) : c'est un mot cri pour dire « un endroit où le cours d'eau rétrécit », soit une décharge étroite du lac.
  • Chicoutimi (Québec) : ce nom d'origine montagnaise vient du mot shkoutimeou, qui se traduit par « la fin des eaux profondes ».
  • Gaspé (Québec) : on croit que ce nom dérive du mot mi'kmaq pour « fin » ou « extrémité », qui désigne les limites nordiques du territoire mi'kmaq.
  • Listuguj (Québec) : le nom tire son origine du terme mi'kmaq lustagooch, c'est-à-dire probablement « rivière à cinq branches ».
  • Rimouski (Québec) : c'est un mot d'origine mi'kmaq ou malécite qu'on a traduit par « terre des orignaux » ou « retraite des chiens », peut-être pour désigner ses excellents territoires de chasse.
  • Oromocto (Nouveau-Brunswick) : c'est une dérivation du mot malécite welamooktook, qui signifie « bonne rivière ».
  • Baddeck (Nouvelle-Écosse) : c'est la version probable de petekook en mi'kmaq, qui veut dire « l'endroit qui se trouve sur le chemin du retour ». Le mot rappelle les voyages des Mi'kmaqs sur la rivière en revenant du lac Bras d'Or.
  • Musquodobit (Nouvelle-Écosse) : l'appellation vient du mot mi'kmaq mooskudoboogwek qu'on peut traduire par « s'éclaboussant en écume » ou « s'élargissant soudain après une entrée étroite à son embouchure ».
  • Shubenacadie (Nouvelle-Écosse) : c'est un toponyme d'origine mi'kmaq, tiré de segubunakadik, c'est-à-dire « là où poussent les arachides (pommes de terre indiennes) ».
  • Tuktoyaktuk (Territoires du Nord-Ouest) : c'est un nom inuit qu'on peut traduire ainsi, soit tuktu, pour « caribou », et yaktuk,pour « ressemble », ou « le renne qui ressemble au caribou ».
  • Pangnirtung (Territoires du Nord-Ouest) : il s'agit d'une adaptation d'un mot en inuktitut qui signifie « l'endroit du caribou mâle ».
  • Inuvik (Territoires du Nord-Ouest) : le nom vient du mot inuktitut qui veut dire « l'endroit de l'homme ».

 

Des noms de lieux géographiques témoignent de la contribution des peuples autochtones

 

Les noms de lieux géographiques ne sont pas simplement des sons dénués de sens. Ils révèlent plutôt le passé des endroits qu'ils désignent. Ils nous retrempent dans l'histoire et retracent pour nous le développement social et culturel du pays. L'étude des noms géographiques nous fera toujours découvrir les multiples façons dont les peuples autochtones ont marqué profondément le Canada contemporain.

 

Définitions

 

Autochtones :

 

Personnes qui descendent des premiers habitants de l'Amérique du Nord. La Constitution canadienne reconnaît trois groupes d'Autochtones : les Indiens, les Métis et les Inuits. Il s'agit de trois peuples, chacun se distinguant des autres par ses patrimoines particuliers, ses langues, ses habitudes culturelles et ses croyances spirituelles.

 

Inuit :

 

Autochtone du Nord canadien qui vit au-delà de la limite forestière dans les Territoires du Nord-Ouest, dans le Nord québécois et au Labrador. Dans la langue inuite, l'inuktitut, le mot « inuit » signifie « les gens ».

 

Nunavut :

 

Nouveau territoire qui a été créé dans le Nord canadien le 1er avril 1999, quand les Territoires du Nord-Ouest ont été divisés en deux parties. Le mot « Nunavut » signifie « notre terre » en inuktitut. Les Inuit, dont les ancêtres ont habité ces terres pendant des millénaires, forment 80 p. 100 de la population du Nunavut. Le nouveau territoire possède son propre gouvernement.

 

Première nation :

 

Terme entré dans l'usage au cours des années 1970 pour remplacer le mot « Indien », que de nombreuses personnes jugeaient offensant. Même si le terme « Première nation » est largement répandu, il n'en existe aucune définition légale. Entre autres choses, les « membres des Premières nations » désignent les Indiens du Canada, tant inscrits que non inscrits. De nombreux Indiens ont aussi adopté le terme « Première nation » pour remplacer le mot « bande », qui désigne leur collectivité.

 

 

  • Broché
  • 185 pages
  • Dimensions du produit: 19,6 x 12,7 x 1,3 cm

Références spécifiques