Le livre de l’eau bénite
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LE LIVRE DE L'EAU BENITE

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LE LIVRE DE L'EAU BENITE

par le Padre Giaccomo.

Sur l'eau bénite... un texte révélateur !


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Tiré du Chapitre 31, Livre de la vie de Sainte Thérèse d'Avila:
Après avoir parlé de quelques tentations et de quelques troubles intérieurs et secrets qui me venaient du démon, je veux en rapporter d’autres dont j’étais assaillie presque en public, et où l’action de cet esprit de ténèbres était visible.

Je me trouvais un jour dans un oratoire, lorsqu’il m'apparut, à mon côté gauche, sous une forme affreuse. Pendant qu’il me parlait, je remarquai particulièrement sa bouche, elle était horrible. De son corps sortait une grande flamme, claire, et sans mélange d’ombre. Il me dit, d’une voix effrayante, que je m’étais échappée de ses mains, mais qu’il saurait bien me ressaisir. Ma crainte fut grande : je fis comme je pus le signe de la croix, et il disparut ; mais il revint aussitôt. La même chose eut lieu par deux fois. Je ne savais que devenir : enfin je pris de l’eau bénite qui se trouvait là, j’en jetai où il était, et il ne revint plus.

Un autre jour, il me tourmenta durant cinq heures par des douleurs si terribles et par un trouble d’esprit et de corps si affreux, que je ne croyais pas pouvoir plus longtemps y résister. Les sœurs qui étaient présentes en furent épouvantées, et cherchaient en vain, comme moi, un remède à ma torture. J’ai la coutume, dans ces moments d’intolérables souffrances corporelles, de faire de mon mieux des actes intérieurs, pour demander au Seigneur la grâce de la patience, et pour m’offrir, s’il y va de sa gloire, à rester dans cet état jusqu’à la fin du monde. Je cherchais donc par cette pratique quelque allégement au tourment cruel que j’endurais, lorsqu’il plut au Seigneur de me faire voir qu’il venait du démon ; car j’aperçus près de moi un petit nègre d’une figure horrible, qui grinçait des dents, désespéré d’essuyer une perte là où il croyait trouver un gain. En le voyant, je me mis à rire, et n’eus point peur, parce que plusieurs sœurs se trouvaient auprès de moi. Pour elles, saisies d’effroi, elles ne savaient que faire, ni quel remède apporter à un si grand tourment. Par un mouvement irrésistible que l’ennemi m’imprimait, je me donnais de grands coups, heurtant de la tête, des bras et de tout le corps contre ce qui m’entourait ; pour surcroît de souffrance, j’étais livrée à un trouble intérieur plus pénible encore, qui ne me laissait pas un seul instant de repos ; je n’osais néanmoins demander de l’eau bénite, de peur d’effrayer mes compagnes, et de leur faire connaître d’où cela venait.

Je l’ai éprouvé bien des fois, rien n’égale le pouvoir de l’eau bénite pour chasser les démons et les empêcher de revenir ; ils fuient aussi à l’aspect de la croix, mais ils reviennent. La vertu de cette eau doit donc être bien grande ! Pour moi, je goûte une consolation toute particulière et fort sensible lorsque j’en prends ; d’ordinaire, elle me fait sentir comme un renouvellement de mon être que je ne saurais décrire, et un plaisir intérieur qui fortifie toute mon âme. Ceci n’est pas une illusion, je l’ai éprouvé non point une fois, mais un très grand nombre de fois, et j’y ai fait une attention fort sérieuse. Je compare volontiers une impression si agréable à ce rafraîchissement que ressent dans toute sa personne celui qui, excédé de chaleur et de soif, boit un verre d’eau froide. Je considère à ce sujet quel caractère de grandeur l’Église imprime à tout ce qu’elle établit ; j’éprouve une joie bien vive en voyant la force que ses paroles communiquent à l’eau, et l’étonnante différence qui existe entre celle qui est bénite et celle ni ne l’est pas.

Comme mon tourment ne cessait point, je dis à mes sœurs que si elles ne devaient pas en rire, je demanderais de l’eau bénite. Elles m’en apportèrent et en jetèrent sur moi, mais cela ne fit aucun effet ; j’en jetai moi-même du côté où était l’esprit de ténèbres, et à l’instant il s’en alla. Tout mon mal me quitta, de même que si on me l’eût enlevé avec la main ; je restai néanmoins toute brisée, comme si j’avais été rouée de coups de bâton. Une leçon bien utile venait de m’être donnée : je pouvais me former une idée de l’empire exercé par le démon sur ceux qui sont à lui, puisqu’il peut, quand Dieu le lui permet, torturer à ce point une âme et un corps qui ne lui appartiennent pas ; cela me donna un nouveau désir de me délivrer d’une si détestable compagnie.

Il y a peu de temps, la même chose m’arriva ; mais le tourment ne fut pas si long. J’étais seule, je pris de l’eau bénite. A l’instant, deux religieuses qui venaient de me quitter rentrèrent, et sentirent une odeur très mauvaise, comme de soufre. Elles étaient toutes deux très dignes de foi et n’auraient voulu pour rien au monde dire un mensonge. Pour moi, je ne sentis point cette odeur ; mais elle dura assez longtemps pour qu’on eût tout le loisir de s’en apercevoir.

Une autre fois, étant au chœur, je fus tout à coup saisie d’un très profond recueillement ; je m’en allai, pour qu’on ne s’en aperçût pas. Cependant les religieuses entendirent de grands coups dans l’endroit voisin, où je m’étais retirée. J’entendis aussi des voix auprès de moi, et il me semblait qu’on formait quelque complot ; mais il n’arriva à mon oreille qu’un bruit confus, parce que j’étais trop absorbée dans l’oraison, ainsi, je n’éprouvai aucune crainte.

Ces attaques se renouvelaient presque toujours lorsque Dieu me faisait la grâce d’être utile à quelque âme par mes avis. Je veux en rapporter un exemple, dont plusieurs témoins peuvent attester la vérité : de ce nombre est mon confesseur actuel ; il en vit la preuve dans une lettre ; je ne lui avais nullement dit de qui elle était, mais il connaissait parfaitement la personne.

Un ecclésiastique qui, depuis deux ans et demi, vivait dans un péché mortel des plus abominables dont j’aie jamais entendu parler, et qui durant ce temps, sans se faire absoudre et sans se corriger, n’avait pas laissé de dire la messe, vint me déclarer le triste état de son âme. Il me dit qu’en confession il accusait tous ses péchés à l’exception de celui-là, tant il avait de honte d’avouer une chose si horrible ; mais qu’il désirait ardemment sortir de cet abîme, et n’en avait pas la force. Je fus très vivement touchée de son sort, et de la grandeur de l’offense commise envers Dieu ; je lui promis de demander et de faire demander instamment au Seigneur, par des personnes meilleures que moi, qu’il lui plût d’avoir pitié de lui. J’écrivis à quelqu’un à qui il me dit qu’il n’aurait pas de peine à remettre mes lettres. Or, dès la première, il alla se confesser, et Dieu lui fit la grâce de le recevoir dans sa miséricorde, en faveur de tant de saintes personnes qui, sur ma recommandation, l’en, avaient supplié ; de mon côté, malgré ma misère, j’avais fait avec soin tout ce qui était en mon pouvoir. Cet ecclésiastique m’écrivit que, grâce au changement opéré en lui, il n’était plus depuis quelques jours retombé dans ce péché, mais que la tentation lui causait un supplice tel qu’il lui semblait être en enfer ; il me conjurait de continuer de le recommander à Dieu. Je fis de nouveau appel au zèle de mes sœurs, et c’était à la ferveur de leurs prières que Dieu devait accorder cette grâce. Au reste, elles ignoraient complètement pour qui elles priaient, et nul n’aurait jamais pu le soupçonner.

Pressée par ma commisération pour cette âme, je suppliai Notre-Seigneur de vouloir faire cesser ces tentations et ces tourments, et de permettre que les démons vinssent m’attaquer moi-même, pourvu que cela n’entraînât aucune offense de ma part. Je me vis ainsi pendant un mois tourmentée de la manière la plus cruelle ; ce fut alors qu’eurent lieu ces deux attaques dont j’ai parlé. J’en donnai avis à cet ecclésiastique, et il me fit savoir que par la miséricorde de Dieu il était délivré. Il s’affermit de plus en plus dans le bien, et resta libre de ses peines. Il ne pouvait se lasser de rendre grâces à Dieu et de me témoigner sa reconnaissance, comme si j’avais fait quelque chose. A la vérité, la pensée que Notre-Seigneur me favorisait de ses grâces avait pu lui être utile. Il disait que lorsqu’il se voyait serré de plus près par la tentation, il lisait mes lettres, et qu’elle le quittait aussitôt. Il ne pouvait considérer sans un profond étonnement ce que j’avais enduré à son sujet, et comment il était resté affranchi de son épreuve. Je n’en étais pas moins étonnée que lui ; et si, pour le voir délivré de la tentation, il m’eût fallu souffrir plusieurs années encore, je m’y serais dévouée de bon cœur. Dieu soit béni de tout ! On voit par là combien est puissante la prière des âmes qui le servent, et de ce nombre sont, je n’en doute pas, les sœurs de ce monastère. Comme je les avais engagées à prier, les démons devaient être plus indignés contre moi, et le Seigneur le permettait ainsi à cause de mes péchés.

Vers ce même temps, je crus une nuit que ces maudits esprits allaient m’étouffer ; on leur jeta beaucoup d’eau bénite, et j’en vis soudain fuir une multitude comme s’ils se précipitaient du haut d’un lieu élevé. Ces maudits m’ont souvent attaquée ; mais je les crains peu, car je vois que sans la permission du Seigneur, ils ne peuvent faire le moindre mouvement. Un plus long récit de ces sortes de tourments vous fatiguerait, mon père, et me fatiguerait moi-même. Ce que je viens de dire suffit pour montrer au vrai serviteur de Dieu le mépris qu’il doit faire de ces fantômes, par lesquels les démons cherchent à l’épouvanter. Qu’il le sache, toutes les fois qu’une âme méprise ces adversaires, elle les affaiblit, et acquiert sur eux de l’empire ; chacune de leurs attaques lui apporte toujours quelque grand avantage ; comme il serait trop long d’en parler ici, je me contenterai de rapporter ce qui m’arriva une veille des Trépassés.

J’étais dans un oratoire, et je venais de réciter un nocturne ; je disais quelques oraisons fort dévotes qui se trouvent à la fin de notre bréviaire, lorsque le démon se mit sur le livre pour m’empêcher d’achever. Je fis le signe de la croix, et il disparut ; il revint presque aussitôt, et je le mis en fuite de la même manière ; ce fut trois fois, ce me semble, qu’il me contraignit ainsi à recommencer l’oraison ; enfin je lui jetai de l’eau bénite, et je pus terminer. Je vis à l’instant même sortir du purgatoire quelques âmes à qui il devait sans doute rester peu à souffrir, et il me vint en pensée que cet ennemi avait peut-être voulu par là retarder leur délivrance. Je l’ai vu rarement sous quelque figure, mais il m’est souvent apparu sans en avoir aucune, comme il arrive dans les visions intellectuelles, où, ainsi que je l’ai dit, l’âme voit clairement quelqu’un présent, bien qu’elle ne l’aperçoive sous aucune forme.

Références spécifiques