Au coeur de la voyance
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Au coeur de la voyance

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Au coeur de la voyance

par Yaguel Didier

Quand j'ai débarqué à Paris, à 21 ans, je n'avais pas un sou en poche. Je venais de Toulon et ne connaissais personne.

 
Livre Rare - Occasion
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 Je me suis trouvé un emploi de jeune fille au pair et j'ai partagé une chambre de bonne avec Cathy Winter, la mère d'Ophélie. Au plus profond de moi, je sentais que j'avais quelque chose à faire dans la capitale, mais je ne savais pas vraiment quoi. Comme je n'avais pas d'argent pour m'offrir des vêtements, j'ai acheté de la laine et me suis confectionné des modèles au crochet. Une improvisation complète ! Je ne connaissais rien à la technique, n'avais rien appris, ne savais pas dessiner... J'ai commencé par un bonnet puis un petit pull... et ça a marché. Très vite, la famille pour laquelle je travaillais m'a passé des commandes. En moins d'un an, grâce au bouche-à-oreille, je suis devenue la reine du tricot. La clientèle a afflué. J'ai même présenté des défilés de mes créations. Pour répondre à la demande, je faisais travailler des gardiennes d'immeuble et des bonnes soeurs. Je commençais à planer.

 

Et puis, un jour, à 24 ans, une amie m'a envoyée chez une astrologue. Qui, d'entrée de jeu. m'a dit : "Ma petite, vous avez un don de voyance et vous en ferez un métier. " Je ne vous dis pas ma perplexité ! A l'époque, la voyance c'était Mme Irma, le turban sur la tête et la roulotte. L'horreur ! Elle a ajouté : "Vous écrirez des livres. " Moi qui jusque-là m'illustrais au crochet... Seulement, voilà! elle avait vu juste! En 1967, trois ans plus tard, en effet, j'ai eu mon premier flash. Une astrologue m'ayant mis une boule de cristal dans la main, je lui ai demandé instinctivement une mousseline noire dont je l'ai recouverte. Et soudain, j'ai eu ma première vision ! C'était comme si j'avais appuyé sur un bouton de télévision. Je me suis vue sur une goélette ancienne qui fendait les eaux. J'étais de profil, je portais une robe blanche et le bateau allait dans la direction du lever du soleil. Puis je me suis vue m'éloigner de la goélette et avancer sur les eaux. Et j'ai trouvé ça naturel parce que c'était une image joyeuse. Ensuite, dans cette même séance, j'ai vu maman en veuve avec ses enfants alors que papa n'est mort que dix ans plus tard. Puis nous sommes passées à des exercices de psychométrie : on me collait des photos sur le front et je devais raconter les scènes. J'y arrivais. C'était parti.

 

Peu à peu, avec les amis et les amis des amis, on s'est réunis pendant des heures. D'un côté je leur prenais la main, de l'autre je tenais la boule. Comme je continuais ma collection de mode, j'en faisais évidemment autant avec mes clientes. Gratuitement, bien entendu. La demande était telle que c'est vite devenu épuisant. Cela a duré près de cinq ans. Mais quand je me suis mariée, mon mari m'a dit : " Entre la voyance et la mode, tu dois choisir! "


Le fait est que dans ce domaine les gens sont insatiables. Mais j'imaginais la tête de mes parents face à leur fille montée à Paris pour devenir Mme Irma ! A l'époque, la voyance était mal vue - c'est le cas de le dire. Cela dit, j'ai pris ma décision et je me suis installée très vite, avec une clientèle formidable, des artistes, des écrivains, des hommes politiques... Je ne voulais surtout pas que l'on parle de moi. Une fois encore, tout s'est fait par le bouche-à-oreille. Je refusais les interviews et ne savais pas comment demander de l'argent - un résultat, sans doute, de mon éducation judéo-chrétienne. Heureusement, mon entourage me soutenait.

 

Le grand virage, cependant, a eu lieu avec mon second mari, l'éditeur Patrick de Bourgues, quand j'ai installé mon cabinet à Saint-Germain-des-Prés. C'est lui qui m'a présenté le prince Michel de Grèce qui, passionné par l'histoire, m'a poussée à lire dans le passé et pas seulement dans le futur. Il me mettait documents et énigmes sous enveloppe. C'était un jeu, et pendant dix ans nous nous sommes beaucoup amusés. Mais c'est ainsi que j'ai été lancée. Quand nous avons publié, chez Jean-Claude Lattes, " Leur vrai destin ".

 

Aujourd'hui, je pense avoir fait évoluer ce métier et même l'avoir réhabilité. Au départ, les gens ne disaient pas qu'ils consultaient et la clientèle était essentiellement féminine. Depuis, les hommes sont venus en force. Souvent célèbres.

Propos recueillis par CHRISTINE RICHARD

Livre Rare - Occasion
ISBN: 2-259-18155-4
EAN: 9782259181556
 
Poids: 352 g
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